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Samedi 4 septembre 2010
 
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Siège du Bureau de l'Intégration Africaine Deux Plateaux - 6ème Tranche, 08 BP 1816 Abidjan 08, tél:(225) 22 41 71 46 fax: (225) 22 41 70 65 info@integration.gouv.ci

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DISCOURS ET INTERVENTIONS DU MINISTRE

21-07-2010
Réunion régionale sur les partis politiques: Allocution d'ouverture de SEM le Ministre des Affaires Etrangères et de l'Intégration Africaine
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RÉUNION RÉGIONALE DE LA CEDEAO SUR LES PARTIS POLITIQUES ET LA DÉMOCRATIE DANS LES ÉTATS MEMBRES DE LA CEDEAO



ALLOCUTION D'OUVERTURE DE MONSIEUR
LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
ET DE L'INTÉGRATION AFRICAINE


SEM Jean-Marie KACOU GERVAIS

Ministre des Affaires Étrangères et
de l’Intégration Africaine



THÈME :

« L’IMPÉRATIF DE TRANSFORMER LES PARTIS POLITIQUES EN AGENTS DE L’INTÉGRATION FONCTIONNELLE AU SEIN DES ÉTATS MEMBRES DE LA CEDEAO »




ABIDJAN, le 21 JUILLET 2010
IVOTEL - PLATEAU




Monsieur le Président de la Commission Électorale Indépendante ;
Monsieur le Ministre de l’Intérieur;
Monsieur le Ministre de la Communication, Porte parole du Gouvernement
Monsieur le Commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires Politiques, Paix et Sécurité ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des partis politiques des Etats Membres de la CEDEAO;
Mesdames et Messieurs, distingués participants en vos rangs, grades et qualités;
Mesdames et Messieurs;

Je voudrais, avant tout propos, m'acquitter d’un devoir traditionnel et africain en souhaitant à la suite de mes prédécesseurs la cordiale et fraternelle bienvenue au nom du Gouvernement ivoirien à la Délégation de la Commission de la CEDEAO, aux Représentants des partis politiques , aux experts et universitaires, à l'ensemble des participants.

Je me réjouis de votre présence effective ce jour pour participer à cet atelier d'échanges et de renforcement des capacités. C'est pour notre pays un agréable devoir d'abriter cette importante réunion et d'accueillir toutes ces sommités qui animent la vie politique dans notre région.

J’adresse mes sincères félicitations à la Commission de la CEDEAO pour cette belle initiative qui, au delà de l’objectif ultime d’accélérer et de consolider le processus d’intégration régionale, vise d'abord à offrir une plate forme d’échanges et de compréhension des enjeux et défis que représente l’intégration pour nos États.






Mesdames et Messieurs,
Honorables participants,

À l’instar des autres régions du monde, l'intégration reste la seule issue pour les États africains et singulièrement ceux de la région ouest africaine pour créer des économies d'échelle viables.

C’est le moyen réaliste de surmonter la contrainte que constitue l’étroitesse de nos économies. C’est un précieux instrument pour lutter contre le sous développement dans ses déclinaisons notamment, la pauvreté, la crise de l’emploi, la crise énergétique, le péril du changement climatique, les pandémies diverses, etc.

L’intégration n’est plus aujourd’hui un choix, c’est une nécessité, une exigence, un besoin. Nos premiers magistrats l’ont bien compris.

En décidant de la transformation du Secrétariat en Commission d’une part et en adoptant la vision stratégique 2020 qui se donne pour ambition de passer d’une CEDEAO des États à une CEDEAO des peuples d’autre part, les Chefs d'États et de Gouvernements de la CEDEAO ont montré qu’ils ont bien compris les nouveaux enjeux de l’intégration.

La quintessence de ces nouveaux enjeux se trouve dans notre survie face à un monde qui de plus en plus se globalise. Ils savent que nos économies, nos systèmes éducatifs, nos pouvoirs… sont fragiles. Comment une économie qui manque de marché peut-elle prospérer ? Quelle chance nos industries nationales naissantes ont-elles de prospérer face aux multinationales ? Quel avenir pour nos diplômés qui deviennent nombreux d’années en années sans emplois ? Avons-nous des réponses nationales pertinentes face aux périls du changement climatique ? Nos États peuvent-ils trouver seules des réponses appropriées aux pandémies qui nous menacent au quotidien?

À l’évidence l’intégration s’impose à nous. Les problèmes se faisant globaux et complexes, nous n’avons d’autres choix que de communaliser nos efforts. Les Écritures nous apprennent que «la corde à trois brins ne se rompt pas vite». Cette vérité biblique est aussi vraie pour nos États. C’est ensemble que nous réussirons.

C’est par l’intégration que nous pouvons trouver des réponses durables aux problèmes de tous genres qui nous assaillent. Il n’y a pas de duperie sous-jacente à cette rhétorique. La peur de la dispersion dans «l’autre» qui hante ceux qui y voient une duperie n’a pas de fondement. Cette peur est assimilable à celle du plombier polonais qui s’est avérée être une peur gratuite. Pour pasticher Pierre Emmanuel, en vérité, l’intégration est comme une immense forêt où des plantes de toutes les espèces et de toutes les tailles prospèrent dans une mystérieuse solidarité écologique.

Mais comment réaliser cette ambition sans associer les principaux acteurs, les acteurs de terrain?

C’est dans cette perspective que la vision stratégique 2020 adoptée par le Sommet d’Abuja en 2007 suscite beaucoup d'espoir car, en plus d'être dotée d'un cadre référentiel, elle est durable et globale en prenant en compte les dimensions économique, sociale, culturelle et politique et elle est participative parce qu’elle implique surtout les acteurs civiles, privés et publics des différents domaines.

Il s'agit donc de mobiliser les groupements sociaux et politiques en faveur de l'intégration en vue de créer une véritable culture d'intégration. Dans ce sens, cibler les acteurs de la vie politique dans notre région me paraît une initiative d'extrême nécessité.
Un parti politique est une organisation ou association qui réunit des personnes imbues d’un même idéal politique ou qui sont d’accord pour soutenir un programme. À ce titre, le parti politique est la structure la plus proche des citoyens militants.

Si nous voulons passer de l’intégration des États à l’intégration des peuples comme le souhaite la CEDEAO en 2020, nos États n’ont plus d’autre choix que d’impliquer les partis politiques dans la promotion de l’intégration.

La fonction du parti politique est certes de conquérir le pouvoir et de l’exercer. Mais exercer le pouvoir n’est-ce pas l’exercer pour le bien être du peuple ? Mais comment peut-on gouverner sereinement si la misère et la souffrance sont le quotidien des gouvernés ?

Parce qu’ils aspirent à gouverner, les partis politiques doivent se vêtir du manteau d’agent de promotion de l’intégration. Ils doivent, pour emprunter une métaphore filée à Joseph Ki-Zerbo, se comporter comme ces instituteurs de la Troisième République française qui persuadés que la lumière de l’instruction était une panacée, s’étiolaient lentement dans leur petit trou de campagne comme un engrais qui doit pourrir dans le sol, afin qu’un jour la moisson lève.

Nos partis politiques doivent imiter ces instituteurs. Ils doivent aller dans les campagnes, hameaux et villes pour prêcher la bonne nouvelle de l’intégration. Le nombre qu’ils constituent et la quantité de membres qu’ils revendiquent sont des atouts qui leurs permettront de réaliser admirablement cette mission.
En effet, depuis le vent du multipartisme des années 90, dans la plupart des pays de la CEDEAO, le nombre de partis politiques s’est accru. L’on compte plus de 130 partis en Côte d’Ivoire, environ 144 au Sénégal, 106 au Benin, 114 au Burkina Faso. Combien de personnes dans ces pays ne revendiquent pas d’appartenances à des partis ?

La proximité que ces partis ont avec les populations est un avantage pour faire passer le message de l’intégration. C’est un canal idéal pour présenter les enjeux de l’intégration en vue de la naissance d’une conscience communautaire favorable, à la paix, à l’unité au développement.




Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités et Participants,

Je ne voudrais terminer mes propos, non sans réaffirmer la volonté du Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire de faire de l'intégration régionale une priorité. La Côte d’Ivoire dans le préambule de sa loi fondamentale s’est engagée « à promouvoir l’intégration régionale et sous-régionale, en vue de la constitution de l’Unité Africaine ». Malgré la crise qu'elle connaît, elle demeure constante et respectueuse de cet engagement.

Je puis vous assurer que mon pays ne faillira pas à cet engagement. Dans la dynamique communautaire, il jouera son rôle et sa partition. Il encouragera notamment ses partis politiques à être des agents de l’intégration fonctionnelle au sein des États membres de la CEDEAO.

Sur ce, avec la ferme assurance que vos travaux déboucheront sur des résultats à la hauteur des attentes des États membres de la CEDEAO, au regard de la qualité des participants que vous constituez, je déclare ouverte la réunion avec les partis politiques sur la démocratie dans les États membres de la CEDEAO.

Je vous remercie.


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