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Mardi 7 septembre 2010
 
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Siège du Bureau de l'Intégration Africaine Deux Plateaux - 6ème Tranche, 08 BP 1816 Abidjan 08, tél:(225) 22 41 71 46 fax: (225) 22 41 70 65 info@integration.gouv.ci

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LA VISION DU MINISTRE

16-11-2007
Vision
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Il est de plus en plus question d’intégration régionale sur le continent. Cette donne heureuse est à mettre au compte du relatif succès de l’Union Européenne et à la réalité économique peu enviable de l’Afrique qui s’impose aux uns et autres. Aujourd’hui, ce sont les grands blocs d’intérêts qui se constituent. Les Etats africains l’ont bien compris. Depuis plus de 40 ans, il existe des organisations sous-régionales que les Chefs d’Etat continuent de parfaire. Et la création dans nos Etats de ministères en charge de l’intégration est la conséquence logique de cette prise de conscience. Mais l’opportunité de l’intégration, nous le savons, dépend de la nature des relations commerciales et économiques entre les Etats, des relations de coopération en matière de sécurité, de santé, de recherche et d’éducation. Nos Etats face à tout cela essaient de s’organiser pour sensibiliser et inculquer aux populations la notion même de l’intégration. D’autant que, s’agissant de la Côte d’Ivoire, la création d’un ministère en charge de l’Intégration est une recommandation des chefs d’Etat de la CEDEAO.


D’une manière générale, tout le monde va à l’intégration pour un meilleur développement des Etats. Aucun Etat ne peut se développer seul. Vous avez toujours quelque chose à apporter ou à prendre chez les autres. Ce que l’intégration apporte justement, c’est l’élargissement du marché, la consolidation de la démocratie : parce qu’il y a des règles au sein des organisations ; une meilleure prise en compte des droits des peuples et également la mise en commun d’un certain nombre de moyens pour beaucoup plus de performance dans les systèmes éducatifs, pour l’accroissement des moyens de lutter contre les fléaux et pour beaucoup plus de solidarité. L’intégration de ce point de vue est un puissant facteur de développement pour les Etats pris individuellement mais également pour une région donnée. Votre développement ou la paix dans votre pays ne peuvent pas reposer sur une stabilité durable s’il y a des problèmes dans les autres pays.


L’intégration se concrétise forcément ensemble. Ce sont les Etats qui décident de concert de mettre en place un certain nombre de structures et d’infrastructures. Au niveau sous-régional, il y a des organisations communautaires économiques qui sont mises en place, des centres de développement en ce qui concerne le genre… Il y a des instruments qui existent, notamment l’UEMOA. Il y a beaucoup de choses qui sont faites. En matière de santé, il y a des centres de recherches sous-régionaux qui existent, sans oublier le domaine de la recherche scientifique, de la formation et du perfectionnement des cadres. Beaucoup d’études sont menées dans le cadre des organisations communautaires comme la CEDEAO pour lutter contre la sécheresse, pour garantir la sécurité alimentaire, pour la gestion concertée de l’eau, pour les questions d’infrastructures permettant le développement des échanges et donc de renforcer l’intégration entre les Etats.
L’intégration complète devrait être le gouvernement unique ? Il est important de noter que l’intégration est un processus. Ce n’est pas une finalité. Mais un processus avec des objectifs. Beaucoup de choses ont été réalisées. Dans le cadre des organisations auxquelles la Côte d’Ivoire appartient, il y a des résultats positifs. Le fait que nous ayons une monnaie commune dans l’espace UEMOA est un élément palpable. Le Franc CFA existe depuis longtemps.
L’intégration est un tout. Aujourd’hui, il est question de mondialisation ; on ne peut pas aller à la mondialisation sans que nos Etats ne fassent le pas vers l’intégration. La balance commerciale entre nos Etats et l’Union Européenne est déficitaire pour nos Etats pris individuellement. Au niveau de l’intégration, il faut savoir qu’elle est d’abord économique. C’est un choix que de commencer par l’économie. Mais elle est également sociale. L’intégration, c’est pour le développement économique et social. Le développement tout court de nos populations. Elle touche à la question de la sécurité à nos frontières. D’où les conventions, les protocoles, les décisions des chefs d’Etat pour faire en sorte que nous puissions gérer ensemble les questions sécuritaires à nos frontières. En matière d’éducation, le CAMES forme à l’agrégation pour les Ivoiriens et les ressortissants de tous les Etats. Au niveau de la santé, il y a des efforts qui sont mis ensemble pour lutter contre certaines maladies. Il y a le SILS pour lutter contre l’avancée du désert. Toutefois, l’économie, la justice et le droit sont des secteurs qui dominent dans le monde.

L’intégration politique, ce sont les politiques communautaires sectorielles. L’intégration est avant tout le fait d’accepter de céder une parcelle de sa souveraineté concernant un certain nombre de questions. Politiquement, il faut accepter de céder une parcelle de sa souveraineté.
Les Etats africains sont-ils prêts à faire ce sacrifice ? Ou plutôt est-ce que les populations africaines aujourd’hui veulent d’un exécutif unique pour l’Afrique ? Est-ce que les populations africaines se sentiront en sécurité, auront un meilleur développement dans le cadre d’un gouvernement africain ? Le débat est ouvert. Sur le principe, cela a été affirmé par tous les dirigeants africains. Il serait bon pour diverses raisons que tous les Etats africains se mettent ensemble. Le faisant, c’est un marché beaucoup plus large, des moyens beaucoup plus importants pour lutter contre des fléaux. Il est clair que si nous mettons nos moyens ensemble, nous pouvons avoir des centres de recherche pour lutter contre des maladies. Nous pourrons éradiquer par exemple le paludisme. Individuellement, nous n’en avons pas les moyens. Il y a des avantages certains. Il est quand même courant que des décisions prises par les Chefs d’Etat soient ratifiées par les Parlements. Cela est un acte politique. Il y a les parlements de l’UEMOA, de la CEDEAO. A côté de cela, il y a la Cour africaine de justice. Un certain nombre d’instruments existent, notamment les traités de l’OHADA qui régissent par exemple la création des entreprises au niveau du secteur public. Les Etats acceptent de rendre les textes nationaux conformes à ces traités que nous avons signés et ratifiés. Cela est un acte politique.
En ce qui concerne l’intégration des populations étrangères en Côte d’Ivoire, il y a une politique nationale pilotée par le Ministre de l’Intérieur. Il revient aux Gouvernements d’œuvrer à ce que les étrangers vivant dans nos pays respectifs soient traités sur le même pied. Le rapprochement de nos Etats entraînera forcément le rapprochement des populations. Au Ghana, vous aurez des Ivoiriens, des Burkinabé comme vous aurez des Ghanéens et des Burkinabé en Côte d’Ivoire.
Relativement à la Côte d’Ivoire, la première action importante à entreprendre est la sensibilisation, l’information, l’éducation des masses sur ce que c’est que l’intégration, ses enjeux, la nécessité pour elle d’entrer sans calcul et sans complexe du tout dans l’intégration. Parce qu’il y va de la survie de son économie, et des économies de la sous-région. Nous commençons l’information maintenant. Nous voyons également les organisations à mettre en place pour atteindre ces objectifs. Le Gouvernement nous a donné les attributions que nous pensons sont suffisantes pour l’instant pour faire un travail minimum. Avec ces attributions, nous avons proposé et obtenu du Gouvernement un décret portant organisation du ministère. Il a été organisé par directions thématiques s’occupant de secteurs précis. Il y a la direction du développement durable qui s’occupe des questions d’agriculture, d’environnement, de formation, de santé… Une autre direction qui s’occupe de tout ce qui est politique macro-économique dans nos relations avec des structures comme la BCEAO, l’’UEMOA…Nous sommes en train de renforcer les attributions du Bureau ivoirien pour la promotion de l’intégration africaine (BIPIA) qui existe. Nous avons en projet de créer une Agence de coopération qui travaillera à faire en sorte que nous soyons beaucoup plus proactifs et dynamiques sur les marchés sous-régionaux et régionaux avec nos cadres, nos entreprises, avec les performances de nos différents secteurs de production. En plus de cela, nous continuerons la sensibilisation en organisant des salons d’intégration qui verront la participation de différentes organisations d’intégration comme la Banque africaine de développement (BAD). Il est bon que les Ivoiriens sachent ce que c’est que la BAD, ce qu’elle fait, ce qu’elle leur offre, ce qu’elle apporte ou peut apporter dans le cadre du développement d’un Etat. Il est aussi bon que les uns et les autres sachent ce que c’est que le NEPAD, comment nous pouvons ouvrir un débat sur l’ensemble de ces questions.
L’actualité de l’intégration, ce sont les accords de Cotonou qui seront enterrés le 31 décembre 2007 pour donner naissance le 1er janvier à un nouveau cadre d’échanges entre l’Union européenne et les ACP. Il est bon sur ce sujet de noter qu’il Il y a plusieurs Accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et plusieurs blocs régionaux. Il faut noter aussi que l’UE dans le cadre de ses travaux avec les ACP avait négocié les accords de Cotonou. Ce qui permettait à nos économies de bénéficier d’un accord préférentiel en ce qui concerne les accords commerciaux. Comme il y a aussi l’AGOA avec les Etats-Unis en ce qui concerne le textile qui permet beaucoup plus de facilités au niveau des douanes pour un certain nombre de pays africains.

Dans l’espace CEDEAO comme dans d’autres, il y a deux types de pays. Il y a les pays moins avancés (PMA) et les non PMA, des pays à revenus intermédiaires. La Côte d’Ivoire fait partie de la catégorie non PMA, c’est-à-dire que nous n’avons pas un certain nombre de facilités accordées aux autres pour l’allègement de leur dette et leur développement. Nous sommes considérés par les institutions de Brettons Wood et autres institutions financières internationales comme un pays relativement aisé dans la sous-région, qui peut honorer tous les engagements qu’il prend. De sorte qu’ouvrir des échanges commerciaux avec l’UE n’aura pas les mêmes impacts sur les PMA et les non PMA. Au nombre des non PMA dans notre sous-région, il y a la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria. Si nous nous conformons aux règles de l’OMC, nous craignons que nos secteurs de production ne soient compétitifs face aux secteurs européens à qui le marché doit s’ouvrir.
Ce qui se passe, c’est qu’il y a des partisans et des non partisans de la signature d’un accord. Nous, nous disons que nous ne pouvons nous prononcer tant que nous n’avons pas pu finaliser un certain nombre d’études sectorielles. Nous allons regarder par grands secteurs de production, notamment l’agriculture et l’industrie. Voir quel est l’impact de l’ouverture du marché sur ces secteurs. Une fois cela fait, nous allons identifier les mesures d’accompagnement nécessaires à une ouverture. Nous allons regarder également au niveau de l’Etat quelles sont les pertes. Parce qu’il faut savoir qu’il y a un tarif extérieur commun qui est en négociation depuis longtemps. Il y a qu’avec les APE, des barrières douanières doivent tomber. Cela fait des recettes en moins pour l’Etat. Tout cela fait partie des questions qui nous préoccupent et auxquelles nous nous attelons à trouver des solutions. Tant que nous sommes en train de travailler sur des éléments que nous soumettrons à l’Union Européenne, nous ne pouvons pas dire tout de go que nous allons signer ou n’allons rien signer du tout. Il s’agit pour nous de voir qu’est ce qui peut être signé pour préserver nos économies, et nos opérateurs économiques. C’est à cela que la Côte d’Ivoire travaille pour proposer un dossier d’offre d’accès à son marché.

L’UE sait que ses standards de qualité de produits risquent de pénaliser les exportations des pays ACP. Des programmes d’aide et d’allongement des périodes transitoires et la modification de la règle d’origine seront toujours négociés pour faciliter l’entrée des produits ACP sur le marché européen. Selon certains experts, il n’est pas nécessaire, ni possible que tous les pays ou groupes de pays progressent au même rythme.
Si vous signez un accord le 31 décembre, il n’est pas possible qu’il entre en vigueur le 1er janvier 2008. Il y a tout un travail important à terminer. Voir quels sont les produits qui sont touchés, les plus sensibles, ceux qui ne le sont pas.

La seule prise en compte de l’aspect commercial ne suffit pas. Il y a que nous devons protéger, faire en sorte que tous les secteurs économiques puissent bénéficier de renforcement nécessaire pour une mise à niveau de nos entreprises, de nos producteurs. Et voir comment le déficit budgétaire peut être comblé par les mesures qui vont être prises et mises en place de façon progressive. Mais tout cela nécessite que nous terminions nos études et que nous proposions une offre d’accès au marché.

Continuons de travailler pour faire en sorte que nous n’allions pas négocier et obtenir n’importe quel accord.
Il y a un fait qui est avéré, c’est que les Africains font plus de commerce avec l’Europe qu’avec leurs voisins. Par exemple 49% des exportations du Ghana vont à l’UE tandis que son voisin le Bénin ne représente que 2,6 %.
Ce que nous devons faire avec les APE, c’est une révolution qui nous amène à revoir nos stratégies de production, de travailler ensemble, mettre en place les infrastructures nécessaires pour accroître les échanges entre nous. L’espace CEDEAO aujourd’hui fait à peu près 300 millions d’habitants sur 7 ,8 millions de km², soit deux fois l’espace de l’UE avec une population deux fois inférieure. Nous avons tout un potentiel. Les APE nous donnent l’opportunité d’accroître nos efforts dans le sens de l’intégration pour faire en sorte que nous ayons un marché sous-régional beaucoup plus puissant et beaucoup plus intégré. C’est la première leçon que nous devons tirer. Faire en sorte que nous ayons des règles qui protègent nos intérêts communs et qui fassent que nous puissions commercer avec notre partenaire premier qui est l’Union européenne sans que cela se fasse au détriment de nos économies. Au niveau des infrastructures, des télécommunications, de la sécurité, il y a beaucoup d’efforts à faire pour accroître et faciliter les échanges entre nos pays. Donc nous sommes devant nos responsabilités.
 
   
 
   

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