Dimanche 23 Avril 2017
 

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pubié le : 08-02-16
8e REUNION DU CONSEIL DES MINISTRES DU CONSEIL DE L'ENTENTE
ALLOCUTION DU MINISTRE DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES IVOIRIENS DE L’EXTERIEUR SEM Ally COULIBALY

Madame Aïchatou Boulama KANE, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, Présidente du Conseil des Ministres ;

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs Les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,

Monsieur Le Secrétaire Exécutif du Conseil de l’Entente,

Monsieur Le Président des Experts,

Mesdames et Messieurs les Experts,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

 

Au nom du Président Alassane OUATTARA, de son Gouvernement et du peuple ivoirien, je voudrais vous dire combien nous sommes heureux d’accueillir cette 8èmesession du Conseil des Ministres de notre Institution ici en Côte d’Ivoire, pays qui vit l’intégration régionale au quotidien par la présence sur son sol de populations venues de partout dans le monde notamment des pays voisins.

Comme vous pouvez-vous en apercevoir, l’affirmation selon laquelle la Côte d’Ivoire constitue une Afrique en miniature n’est pas une vue de l’esprit. Tout au contraire, c’est une réalité tangible.

C’est peu dire que nous tirons une réelle fierté de cette singularité qui explique la vitalité et le dynamisme de notre pays.

Avec une telle diversité, on peut avancer, sans forfanterie aucune, qu’une partie du destin de chacun des pays du Conseil de l’Entente se joue en partie en Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, la relation de la Côte d’Ivoire avec ses voisins ne sera jamais banale, en raison des liens qui nous unissent. Les liens qui sont ceux du cœur et des sentiments partagés.

Quand on a fini de rappeler une telle évidence, est-il encore nécessaire d’affirmer que vous êtes chez vous partout en Côte d’Ivoire ?

A chacune et à chacun des Ministres ainsi qu’à vos collaborateurs, je souhaite la bienvenue à Abidjan, notre capitale économique,siège du Conseil de l’Entente, la plus ancienne organisation sous régionale, ville où le Conseil de l’entente a été porté sur les fonts baptismaux par les pères fondateurs le 29 Mai 1959 ; ville où a débuté cette belle aventure collective en vue de la création d’un espace commun de paix, de dialogue et de solidarité.

Pour  toutes les raisons que je viens d’évoquer, ces retrouvailles sont placées sous le signe de la fraternité, de l’amitié, de la solidarité et de la fidélité à notre idéal commun de paix.

 

                       Mesdames et Messieurs,

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour examiner le budget de notre Institution commune.

 Pour être banal dans la vie de toute organisation, cet exercice  n’en est pas moins important.

Il revêt une utilité indéniable. Il vise deux objectifs : donner  les moyens du fonctionnement de notre Institution, et lui permettre, par ricochet  de remplir convenablement sa mission.

Sans préjuger de ce que les Ministres décideront, à l’issue de leurs échanges, je puis affirmer que le budget sur lequel nous sommes appelés à nous prononcer a été conçu dans les règles de l’art.

Comme chacun d’entre nous le constatera, il est équilibré et il est sérieux.

Nous n’aurons donc pas beaucoup de difficultés à l’adopter.

Pareille chose n’était pas envisageable, il y a encore quelques années où ce bel outil allait à vau l’eau, en raison de la mauvaise gestion et d’un management opaque.

Ce scénario catastrophe qui était, tout à fait, plausible relève désormais du passé.

Ce retournement de situation salutaire est le résultat de la volonté politique de nos Chefs d’Etat de remettre l’organisation à flot et de la désignation d’un nouveau Secrétaire Exécutif rigoureux et compétent.

Il n’est donc pas étonnant que l’institution recueille, aujourd’hui, les dividendes des mesures de redressement qui ont été édictées et mises en œuvre scrupuleusement par les nouveaux responsables.

Quelques preuves, pour étayer cette nouvelle donne qui a fait jour en 2011.

Les Etats s’acquittent de leurs obligations, en payant leurs cotisations, même si on peut déplorer, encore  quelque retard.

Les avoirs dans les banques étrangères ont été récupérés.

Bref, le nouveau cap fixé par les Chefs d’Etat  et la nouvelle gouvernance  mise en place par le nouveau Secrétaire Exécutif ont permis à notre Institution qui était menacée de disparition à voir le bout du tunnel.

Comme quoi, la fatalité n’existe pas. Pas plus dans le cas d’espèce qu’ailleurs.

 En toute chose, seule compte la volonté. Cette vérité se vérifie, encore une fois, avec le Conseil de l’Entente.

En l’espace de quelques années, grâce au travail remarquable accompli par le Ministre Patrice KOUAME et toute son équipe, le Conseil de l’Entente renaît. Mieux, il a retrouvé sa place au sein des Institutions africaines de coopération.

C’est le lieu de rendre hommage à notre Secrétaire Exécutif et à l’ensemble de ses collaborateurs  pour leur sens du devoir et leur engagement en faveur de la coopération sous régionale.

        Mesdames et Messieurs,

C’est un véritable motif de satisfaction de constater que le Conseil de l’Entente est, de nouveau, en marche et qu’il est sur tous les fronts pour apporter paix, sécurité et progrès social à nos pays

 Pour parvenir à un tel résultat, à savoir, ce qu’on peut appeler le renouveau ou la renaissance de notre Institution commune, que de chemin parcouru !

Chacun et chacune imagine bien ce qu’il a fallu de détermination et d’abnégation  pour placer le Conseil de l’Entente sur une nouvelle trajectoire, pour le rendre à même de remplir, à nouveau sa mission.

C’est pourquoi, nous ne devons, en aucune manière, relâcher  nos  efforts tant les défis à relever sont considérables.

 

                    Mesdames et Messieurs,

 

Nous partageons tous la conviction que, sans  une claire vision de ces défis qui se présentent à nous, dans un monde de plus en plus complexe, nous serons totalement incapables de servir, comme il se doit, les idéaux qui sont la raison d’être du Conseil de l’Entente, à savoir la paix, la solidarité, l’entente.

Alors quels sont ces défis ? Vouloir les évoquer tous ici serait  fastidieux et inutilement long. Il me suffit de ne retenir que les plus pressants.

Le premier défi, me semble-t-il, c’est le terrorisme auquel nous sommes confrontés dans nos différents pays.

 Les attaques fréquentes de la secte BOKO HARAM contre le Niger et les attentats des Djihadistes, il y’ a quelques semaines, à Ouagadougou ont mis en lumière à la fois la gravité du phénomène et la vulnérabilité de nos Etats, face à un tel péril.

On comprend donc  qu’ils  aient donné lieu à un tel élan de solidarité non seulement au sein de notre espace commun, mais aussi dans toute l’Afrique et au-delà dans le monde.  L’onde de choc de l’horreur a gagné tous les pays.

Aucun pays n’étant à l’abri des menaces des DJIHADISTES, la Côte d’ Ivoire, tout en condamnant les assassinats perpétrés dans les deux pays frères du Conseil de par ma modeste voix, en appelle à une plus grande mobilisation pour combattre le phénomène du terrorisme dans notre Sous-région.

Chacun en convient.

Cette lutte contre le terrorisme suppose un renforcement de nos instruments de coopération policière et judiciaire et une mutualisation de nos moyens notamment dans le domaine des renseignements

Il nous faut, en effet, de l’anticipation, assez de moyens, assez d’hommes, assez d’intelligence de la sitution.

Notre sécurité commune est à ce prix.

Le deuxième défi : c’est l’immigration.

Malheureusement, trop de nos jeunes, à la recherche d’un avenir meilleur en Europe, prennent des risques inconsidérés dans le désert et les eaux méditerranéennes.

Cette situation heurte notre conscience d’Africains.

En la matière, nous aurions tort de de jeter la pierre à l’occident et nous dissimuler nos propres responsabilités.

Une telle posture n’est pas moralement acceptable.

A cet égard, le Président Alassane OUATTARA considère qu’il revient aux dirigeants Africains de créer, dans nos pays, les conditions nécessaires d’épanouissement de notre jeunesse.

Il a récemment défendu cette idée  à Lavalette à Lavalette à Malte lors du sommet Europe-Afrique sur l’immigration.

 

Qui pourrait nier cette vérité implacable ?  L’avenir de l’Afrique est dans sa jeunesse et l’avenir des jeunes est d’abord en Afrique.

 

Le troisième défi est celui de la démocratie, devenue une valeur universelle.

 S’agissant de démocratie, il est heureux de constater qu’elle s’enracine de plus en plus dans notre espace.

A preuve : la tenue régulière de consultations électorales dans des conditions de transparence et d’équité dans les différents pays du Conseil de l’Entente, garantissant ainsi la stabilité des Etats et la solidité des Institutions.

C’est vrai du Togo, de la Côte d’ivoire et du Burkina Faso qui ont organisé des élections présidentielles démocratiques en 2015.

Ce sera le cas, du moins, nous l’espérons, il n’y a pas raison qui en soit autrement, du Niger et du Bénin où les électeurs seront appelés aux urnes.

C’est une évolution positive dont on peut se féliciter, à juste titre.

Le quatrième défi, enfin, c’est celui de la bonne gouvernance. Là encore, nos Etats ont compris que, sans une économie gérée dans la transparence, il ne saurait être question de développement.

Sans que cela apparaisse comme un effet de mode, pratiquement tous les pays de la sous-région ont recours à des mécanismes d’évaluation. Le but est noble : savoir où se placer dans le classement des Etats en matière de bonne gouvernance.

Tous acceptent de passer par les fourches caudines des agences de notation internationale ou par les instruments créés par les Africains et pour les Africains tel que le MAEP, le Mécanisme Africain d’évaluation par les pairs.

Il y a là un changement de paradigme qui est tout à l’honneur de nos pays.

 

 

 

Mesdames et Messieurs, chers collègues.

Notre rencontre de ce jour ne peut faire l’économie d’échanges sur ces problématiques qui sont en résonance avec nos préoccupations du moment. Notre avenir commun en dépend.

Mesdames et Messieurs

Des Hommes de vision dont le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY ont montré le chemin, en nous engageant dans une communauté de destin au service de la paix et de la coopération.

Nos Chefs d’Etat ont pris la sage décision de persévérer dans cette voie, en préservant ce cadre irremplaçable de dialogue et d’action que représente le Conseil de l’Entente.

C’est pourquoi, nous avons l’obligation morale de ne rien faire qui puisse compromettre l’entente qui est la raison d’être de cette organisation.

Ce qui signifie qu’en cas de différend, le dialogue doit demeurer la seule voie possible de règlement.  Toute autre option ne serait que suicidaire.

Nous l’affirmons haut et fort dans cette enceinte.

Pour les pays du Conseil de l’entente dont les destins se mêlent et s’entrecroisent, il n’y a pas d’horizon possible sans l’entente et le respect mutuel.

 

Nous avons acquis, au fil du temps, la conviction qu’un Conseil de l’Entente plus dynamique, plus fort et plus uni contribuera plus efficacement à la réalisation de nos objectifs de paix, de sécurité et de coopération.

 A l’inverse, les divisions l’éloigneront de cette ambition que nous portons pour la coopération sous régionale ou régionale.

Pour terminer, je voudrais vous réaffirmer notre foi en la coopération africaine et l’engagement du Président Alassane OUATTARA en faveur du Conseil de l’Entente dont la vocation est

d’être un espace de paix, de dialogue, de stabilité, de sécurité, de liberté et de prospérité.

Vive le Conseil de l’Entente

Vive l’amitié entre nos peuples.

Je vous remercie de votre aimable attention.




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